Depuis quelques années, une succession d’événements sont venus éprouver la collectivité : crise sanitaire, crise énergétique, cyberattaque. Le dernier aléa en date est la période d’instabilité politique qui a abouti à un parlement sans majorité et le retard conséquent dans l’adoption du budget de l’Etat qui, à l’heure de la préparation de notre budget et de la rédaction de ce rapport, n’avait toujours pas été adopté. Le tout intervenant dans un contexte de crise des finances publiques sur fond de changement climatique, de regain de tensions géopolitiques et de recomposition des alliances commerciales, diplomatiques et militaires.
Pour rappel, la France est visée par une procédure de déficit excessif depuis le 26 juillet 2024. Cette procédure est susceptible d’être ouverte dès qu’un état membre ne respecte pas la règle du déficit inférieur à 3 % du PIB et d’une dette inférieure à 60 % du PIB. Avec un déficit estimé à 5,4 % du PIB fin 2025 et une dette à plus de 115 % du PIB, la crise des finances publiques est désormais avérée : elle s’avère plus structurelle que conjoncturelle et s’installe désormais dans la durée.
Des engagements ont été pris auprès de nos partenaires européens pour aboutir à un redressement à l’horizon 2029. L’ensemble des acteurs institutionnels et économiques sont appelés à contribuer au redressement des finances publiques, dont les collectivités locales.
Aussi, pour construire le budget 2026, le choix a été fait de partir du seul vote intervenu tout au long de la discussion avec les parlementaires, soit celui du Sénat intervenu le 15 décembre dernier. Dans cette version, c’est une perte de recettes de fonctionnement estimée à plus de 2 M€ pour le seul budget principal, somme qui représente 38 % de l’épargne nette dégagée en 2025.
Le projet de loi de finances 2026 n’étant pas promulgué lors de l’adoption du budget de GrandAngoulême, des ajustements et adaptations seront nécessaires et intégrés en cours d’année par le biais de décisions modificatives du budget 2026.
L’ampleur de la contribution des collectivités, et particulièrement des EPCI, est inédite : les EPCI supportent 52 % de la contribution des collectivités et les territoires industriels sont tout particulièrement impactés, avec des diminutions conséquentes de dotations de compensation que l’on croyait pourtant immuables.
Tous ces évènements nous amènent à nous adapter, à faire preuve d’agilité et d’ingéniosité, à composer budgétairement en préservant l’essence de l’action de la collectivité. Ainsi, les dépenses de fonctionnement du budget principal de ce budget 2026 sont affichées en baisse de 1,5% par rapport au budget 2025 afin de préserver les niveaux d’épargne. En effet, malgré l’ampleur des contraintes budgétaires, c’est avec la volonté de préserver au mieux l’accompagnement du territoire et en particulier les projets structurants nécessaires à son développement, que ce budget a été élaboré.
On y retrouve donc ce qui constitue les marqueurs forts de l’action de GrandAngoulême, dans le but affirmé d’aménager son territoire, d’y favoriser la transition écologique, de développer l’emploi et d’offrir un cadre de vie épanouissant pour ses habitants. Telles sont les actions présentées dans le budget primitif de GrandAngoulême, tout en faisant preuve de sobriété pour mieux préserver les capacités futures de la collectivité.
Les efforts en faveur de la transition écologique sont poursuivis, dans le droit fil de la feuille de route adoptée en 2023. Le verdissement de la flotte de véhicules, les actions visant à améliorer la performance énergétique des logements et des bâtiments publics, le développement des énergies renouvelables, la protection du vivant, la sobriété foncière, le développement des transports en commun et des mobilités actives constituent autant de priorités communautaires.
Dans le contexte national de crise du logement, alimentée notamment par la hausse des coûts de construction et la raréfaction du foncier, après plusieurs années de mise sous tension des entreprises du bâtiment, GrandAngoulême poursuit en 2026 son soutien financier à la production et la rénovation de l’habitat. Les crédits consacrés au soutien à la construction, à la reconstitution et à la réhabilitation de logements publics, ainsi que ceux dédiés à l’aide à la requalification des logements privés sont préservés. Ce positionnement de GrandAngoulême comme acteur majeur de la politique de l’habitat, est un facteur d’équilibre social et de relance économique pour le territoire, ses habitants et ses entreprises.
L’agglomération maintient également ses efforts en faveur des centralités et des commerces de proximité. L’objectif est de poursuivre le déploiement d’un plan d’ensemble de soutien à l’achat local, d’accompagnement à l’installation et au développement, d’amélioration du fonctionnement urbain, et de promotion de l’offre commerciale de proximité. C’est pourquoi ce budget intègre une aide exceptionnelle de soutien aux acteurs économiques qui vont être lourdement impactés par l’annulation de l’édition 2026 du festival de la bande dessinée.
Plus globalement, le renforcement de notre attractivité économique est plus prioritaire que jamais et motive les investissements portés sur la requalification de nos zones d’activité et la reconquête de nos friches.
Si GrandAngoulême poursuit l’appui et le soutien à ses communes, le budget 2026 tient toutefois compte de la recomposition des exécutifs locaux à venir et du temps d’installation des nouvelles gouvernances et d’élaboration des programmes d’investissement communaux. Les enveloppes de fonds de concours sont donc ajustées en conséquence.
Par ailleurs, compte tenu de l’absence prévue de dynamique fiscale économique sur laquelle repose le mécanisme de dotation de solidarité communautaire, la solidarité entre l’agglomération et ses communes membres est sollicitée, en faveur de l’intercommunalité, pour alléger au moins temporairement certains dispositifs et permettre à l’agglomération de s’adapter à l’ampleur de la réduction de ses ressources. GrandAngoulême demeure néanmoins aux côtés des communes membres, ainsi que le montre le rapport sur les coopérations, avec un appui renouvelé et renforcé, la solidarité étant un impératif pour traverser ces temps difficiles.
Enfin, la démarche Cartéclima! se poursuit avec l’adoption définitive du Plan local d’urbanisme intercommunal et du plan de mobilité, pour traduire spatialement l'ambition de développement du territoire, dans le respect de ses équilibres et de son environnement naturel. La mise en œuvre d’une politique foncière volontariste en sera le prolongement opérationnel, dès 2026.
L’ensemble de ces orientations politiques s’inscrivent dans un cadre budgétaire maîtrisé, donnant la priorité à la poursuite d’un haut niveau d’investissements financé par une épargne préservée afin de limiter l’endettement. La stabilité fiscale reste la règle, dans une période où il est crucial de préserver le pouvoir d’achat des ménages et la capacité d’investissement de nos entreprises.
Ce budget primitif 2026 est l’affirmation du repère solide que constitue l’agglomération dans la protection locale de la continuité de l’action publique et dans la confiance de notre territoire. GrandAngoulême reste ainsi en première ligne pour assurer les services publics du quotidien et contribuer aux emplois de demain dans un cadre préservé et solidaire. Construit en responsabilité avec en toile de fond l’équilibre, le développement et l’animation du territoire, ce budget primitif 2026 est le reflet de notre détermination à investir dans l'avenir de notre territoire et à accompagner et préserver au mieux nos communes et nos habitants dans des temps incertains.
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