Vers l’autosuffisance alimentaire en Charente

Partenariat avec les greniers d'abondance

L’association Les Greniers d’Abondance mène avec plusieurs partenaires scientifiques et GrandAngoulême un travail de recherche-action visant à concevoir et mettre en œuvre des voies de résilience locales, c’est à dire des transformations à opérer à l’échelle du territoire (production, transformation, distribution…) pour assurer une alimentation soutenable, saine et accessible à tous malgré les bouleversements à venir.

Les travaux de l'association seront publiés dans un premier rapport en janvier 2020, faisant le point sur les vulnérabilités du système alimentaire moderne et sur les pistes d'action que peuvent emprunter les collectivités territoriales. Le partenariat avec GrandAngoulême permettra de renforcer son Projet Agricole et Alimentaire Territorial Durable en le structurant autour de l'enjeu de résilience globale du système.

Pourquoi ce programme de recherche ?

Dans nos sociétés industrielles modernes, l’alimentation repose sur un système très complexe d’acteurs et de flux interdépendants : matière, énergie, capitaux, et informations. Si la sécurité alimentaire est garantie dans les pays industrialisés depuis le milieu du XXe siècle, la stabilité de ce système est aujourd’hui menacée par des perturbations globales : changement climatique, épuisement des ressources, effondrement de la biodiversité et de la vie des sols.

«  Vulnérabilités de notre système alimentaire : comment anticiper les crises à venir ? »

L'été dernier, le département a connu l'une des plus graves sécheresses depuis plusieurs décennies. Les usages de l'eau ont été fortement limités dans de nombreuses communes, touchant en premier lieu le secteur agricole, principal consommateur de la ressource. Une sécheresse qui rappelle celle de l'été 2018, déjà considérée comme calamité agricole dans le département, et qui n'aura bientôt rien d'exceptionnel étant donné le dérèglement climatique en cours. Notre système agricole est-il prêt à y faire face ?

L'évolution de l'agriculture

Ces dernières décennies, notre façon de produire, de transformer, de distribuer et de consommer les aliments a subi une véritable révolution. Les rendements et la productivité moyenne ont connu une hausse spectaculaire grâce à l'utilisation d'un ensemble de techniques : irrigation, engrais minéraux, variétés à hauts rendements, pesticides, mécanisation. Les agriculteurs représentaient près d’un actif sur trois en 1950, contre 3% aujourd’hui. Les pratiques culturales se sont fortement simplifiées tandis que le système alimentaire dans son ensemble s'est complexifié : émergence d'entreprises spécialisées dans l'agrofourniture (équipements, semences, engrais, pesticides...), l'agroalimentaire, la grande distribution. Ces transformations se sont accompagnées d'une importante concentration économique, d'une perte d'autonomie pour les agriculteurs et les territoires, d'une forte dépendance aux ressources non renouvelables et de dégâts environnementaux considérables. La distribution des produits alimentaires repose aujourd’hui sur des flux permanents de transport routier, entièrement dépendants du pétrole. Sujet de préoccupation permanent depuis l'émergence des premières grandes cités, l'autonomie en nourriture des villes est désormais de seulement quelques jours.

Des changements environnementaux majeurs

Parallèlement, nous faisons face à une transformation brutale et sans précédent du contexte climatique et environnemental. La sécheresse exceptionnelle de cet été 2019 verra la probabilité de se reproduire augmenter chaque année, et pourrait n'avoir plus rien d’exceptionnel d’ici quelques décennies. Les populations d’insectes et d’oiseaux s’effondrent, et avec elles se dégradent de multiples fonctions essentielles des écosystèmes, notamment agricoles (pollinisation, régulation des pathogènes et ravageurs de cultures, fertilité des sols...). Enfin, nous nous dirigeons incessamment vers une raréfaction de certaines ressources énergétiques ou minières, dont le pétrole et les engrais minéraux, aujourd’hui indispensables à notre façon de produire et de distribuer la nourriture. Autrement dit, les conditions qui ont permis au système alimentaire actuel de voir le jour sont compromises pour les années à venir, menaçant à plus ou moins brève échéance la capacité nourricière du territoire.

Dans cette perspective, il importe de s’intéresser à la résilience de notre système alimentaire, c’est à dire à sa capacité à pourvoir aux besoins de la population dans un contexte incertain, où des perturbations brutales sont de plus en plus probables.

Support de la conférence

Document de présentation de la conférence sur autosuffisance alimentaire en Charente présentée par l'association Les Greniers d'Abondance

 

La résilience en définition
- La résilience (en écologie) est la capacité d’un système vivant à retrouver les structures et les fonctions de son état de référence après une perturbation.
- La résilience alimentaire est la capacité d’un système alimentaire et de ses différents éléments constitutifs à assurer la disponibilité d’une nourriture adaptée, accessible et en quantité suffisante pour tous, dans un contexte de perturbations variées et imprévisibles »
Source : resiliencealimentaire.org

Contact
Service agriculture GrandAngoulême
- Aurore Dupont - Chargée de mission agriculture/alimentation a.dupont@grandangouleme.fr
- Victoria Tardieu - Chargée de mission agriculture/alimentation v.tardieu@grandangouleme.fr